Oapi : la protection et l’utilisation des inventions médicales africaines préoccupent les Etats

Pour favoriser l’émergence d’une industrie pharmaceutique ayant pour base les inventions et innovations de la pharmacopée africaine, les Etats membres de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi) tiennent, du 2 au 4 novembre à Brazzaville, une conférence régionale sur la protection et l’utilisation desdites inventions.

Les inventions africaines en matière de médicaments ont besoin de protection pour assurer l’émergence d’une véritable industrie pharmaceutique, a souligné le ministre du Développement industriel et de la Promotion du secteur privé, Antoine Thomas Nicéphore Fylla Saint-Eudes, ouvrant les travaux de la conférence régionale sur la protection et l’utilisation des inventions médicales africaines dans les Etats membres de l’Oapi. « La richesse de la pharmacopée traditionnelle au sein du continent africain, et partant dans l’espace Oapi, représente un enjeu scientifique et économique majeur. Son exploitation et sa valorisation peuvent conduire à la mise au point des médicaments utilisables dans le traitement des pathologies qui minent nos sociétés », a déclaré le ministre devant un parterre d’experts venus de plusieurs pays. Le développement d’une industrie de médicaments en dépend, y compris la réduction d’une part importante des ressources financières que les Etats consacrent à l’achat des médicaments dans les pays développés.

Selon le directeur général de l’Oapi, Denis Bohoussou, la conférence régionale en cours à Brazzaville devrait déterminer les actions futures permettant d’atteindre des objectifs de l’initiative de Libreville du 13 septembre 2002, à travers la feuille de route qui en découlera. L’initiative de Libreville prône, en effet, la protection et la valorisation des inventions africaines en matière de médicaments. « Grâce à cette initiative, des référentiels relatifs à l’harmonisation des procédures d’homologation des médicaments issus de la pharmacopée traditionnelle et à l’harmonisation des procédures d’identification des tradi-praticiens de santé avaient été adoptés », a rappelé Denis Bohoussou, en soulignant que l’Oapi est disposée à jouer pleinement sa partition pour atteindre les objectifs fixés en la matière.

L’ambassadeur de l’Union européenne, Giacomo Durazzo, a quant à lui souligné que la flore africaine, en termes de plantes médicinales, présente des perspectives intéressantes. « La pharmacopée traditionnelle constitue une voie complémentaire pour aborder le problème de l’accès aux médicaments. En augmentant le nombre et l’accessibilité des médicaments et traitements alternatifs, nous pouvons réduire l’impact des faux médicaments », selon le diplomate européen.

Il convient de préciser que la structure des Droits de propriété intellectuelle et innovation Afrique (Afripi), représentée par Gregor Schneider, participe également à cette conférence. Il s’agit d’un programme de la commission européenne œuvrant pour le renforcement de la protection et l’exploitation des droits de la propriété intellectuelle en Afrique.

Dans le cadre de cette conférence régionale, les échanges vont porter sur une dizaine de problématiques : place des solutions médicales africaines dans la politique mondiale de santé (Dr Jean Baptiste Nikiéma) ; politique nationale de santé : accès du médicament africain aux protocoles de traitements nationaux (Dr Marlyse Peyou Ndi Samba) ; état des lieux de la recherche médicale africaine (Dr Joseph Okeibunor) ; défis liés à la mise au point des médicaments améliorés (Dr Olivier Traoré Oula Ibrahim) ; état et mécanisme de la protection des inventions médicales africaines (Guy Francis Boussafou) ; difficultés liées à la valorisation des innovations médicales de la pharmacopée (Dr Ehjolé Kroa) ; exemple d’intégration réussie des médicaments traditionnels dans le système national de santé (Pr Rokia Sanogo) ; les politiques développées sur le plan régional ou international pour la valorisation des médicaments africains (Dr Jean Baptiste Nikiéma).

Il y aura enfin deux tables rondes. La première concernera la feuille de route pour accroître l’homologation des médicaments issus de la pharmacopée. La seconde, pour accroître la valorisation des médicaments issus de la pharmacopée à travers une prise en compte dans les systèmes nationaux de santé.

Rominique Makaya

ADIAC

Légendes et crédits photo :

La conférence régionale de l’Oapi sur la protection et l’utilisation des inventions médicales africaines se tient à Brazzaville

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A propos CARMEN FEVILIYE 710 Articles
Juriste d’affaires Ohada / Journaliste-Communicant/ Secrétaire Générale de l'Union de la Presse Francophone - UPF section France