Grégoire Léfouoba sur la “parentocratie” au Congo : « Le phénomène suscite l’inquiétude »

Grégoire Léfouoba à l'occasion d'une interview à Paris sur la chaîne panafricaine Africa24@africa24
Grégoire Léfouoba à l’occasion d’une interview à Paris sur la chaîne panafricaine Africa24@africa24

L’ancien ministre congolais également professeur de philosophie à l’université Marien Ngouabi de Brazzaville appelle à « la prise de conscience » devant la pratique de la parentocratie au Congo.

Par son franc-parler qu’il assume, Grégoire Léfouoba veut se faire entendre. Contre l’ampleur du phénomène social dans son pays, son alerte du 20 juin 2022 a été sans appel. Une réaction qui a défrayé la chronique dans les milieux politique et intellectuel pendant les dernières éléctions législatives du mois d’avril au Congo.

Auteur de deux ouvrages  ( Enjeux et dynamique des rivalités sociales au Congo – Une approche philosophique et historique et Curriculum vitae du Congo rive droite aux éditions l’Harmattan ), Grégoire Léfouoba décrypte les  dérives du système « parentocratique » au Congo, qui selon lui, aurait « atteint le degré d’une norme sociale ». Un long et fort entretien AAFC.

Propos recueillis par Carmen Féviliyé – @FeeFeviliye

AAFC : La parentocratie est une pratique universelle. Elle est déjà bien assise au Congo comme dans beaucoup d’autres pays. Pourquoi lancer le débat aujourd’hui? Est-ce que la limite est atteinte dans votre pays?

Grégoire Léfouoba : La limite n’est pas atteinte. Les faits sont encore embryonnaires et avisent plus d’un. Nous sommes un pays qui a des traditions révolutionnaires et qui ne peut s’accommoder d’une telle perception des choses. Le débat doit être lancé à travers les medias pour éclairer  l’opinion publique sur les dangers de la parentocratie, car le phénomène va grandissant. Si rien n’est fait, cette pratique pauvre pourrait se transformer en une idéologie. Vous êtes sans savoir que les Africains aiment s’approprier des pensées à faible intensité comme valeurs et ce, pour satisfaire  leurs intérêts égoïstes en lieu et place de l’intérêt général qui exige le respect des valeurs et principes de la démocratie ; mieux de la saine compétition. La limite n’est peut-être pas atteinte, mais le phénomène suscite l’inquiétude, dans un pays qui aspire au développement fondé sur la justice et l’équité.

AAFC : Comment le philosophe que vous êtes perçoit-il ce concept ?

G.L : Le concept est impersonnel et a une existence universelle. Les concepts ne s’étudient pas à force d’arguments d’autorité mais plus par la démonstration. La parentocratie est le pouvoir de la parenté dans la sphère publique, qui elle-même a des règles. Ce  concept est la réplique en continuité de celui de népotisme. Néanmoins, elle n’est pas l’exclusion des liens biologiques mais plutôt ici, sa polysémie explique sa richesse dans sa stricte rigueur à prohiber par la vertu ce qui est anormal dans la promotion sans cause des parents. La souffrance de la démonstration scientifique en Afrique noire et précisément au Congo est souvent le fait de lier la vie des concepts à celle des personnes réelles, physiques ou d’un groupe socialement et organiquement constitué.

Le débat doit être lancé à travers les medias pour éclairer  l’opinion publique sur les dangers de la parentocratie, car le phénomène va grandissant

AAFC : Les dernières législatives et les locales de 2022 dans votre pays ont laissé entrevoir comme une volonté de remplacement de l’actuelle classe politique par leurs enfants. Comment expliquez-vous ce que l’on pourrait considérer comme une chasse gardée ?

G.L : Les enfants sont des citoyens comme tout le monde. Je ne suis pas convaincu que cela soit une chasse gardée. Si tel est le cas, en retour, on assiste à la mésestime si les dits enfants ne sont pas représentatifs de l’opinion ou de la doxa majoritaire au niveau du pays. Si tous les appareils idéologiques de l’État (Althusser) sont envahis par une catégorie spécifique au motif des liens de sang, il est à craindre que le rejet soit sans appel. La volonté d’instaurer un gouvernement absolu n’est pas inscrite dans la loi fondamentale, même si les projets de certains candidats et les résultats rendus officiels lors des élections législatives et locales de 2022 donnent à penser qu’il s’agit d’un tel gouvernement. La réalité des faits pousse à croire que les enfants de certains dirigeants politiques de notre pays se préparent à la relève, d’où la description de la parentocratie comme fait social.

AAFC : Patrice Aimé Césaire Miekassissa, votre concitoyen, vous reproche ce débat qu’il qualifie de « nauséabond et de divertissement intellectuel ». Selon lui : « C’est le paradoxe congolais dans lequel ce sont les malfrats qui dictent la loi avec la caution de certains universitaires… » Que répondez-vous ?

G.L : J’aimerais préciser, pour répondre à l’intervention de monsieur Patrice Aimé Miekassissa, que tout texte ou travail scientifique produit par un intellectuel mérite d’être critiqué. Mon métier de philosophe est celui de fabriquer et de déconstruire les concepts et paradigmes pour une meilleure compréhension. Quand on veut faire irruption dans un débat autour des concepts, on doit avoir la modestie de ne pas mélanger émotion politicienne et arguments théoriques scientifiques. Je ne peux mépriser son opinion, sauf qu’il faut éviter des procès d’intention, et penser que mon seul éclairage suffit et porte bonheur à l’entière humanité.

La parentocratie a toujours prévalu et existé, sauf  peut-être qu’elle n’avait pas atteint le degré d’une norme sociale (…)

J’ai lu un autre universitaire  Marion Michel  Ehouango Madzimba dont l’approche m’a paru utile du point de la généalogie du concept et son évolution. De manière holistique, il a contribué à mieux saisir les choses en repartant au Moyen-Âge dans la pratique cléricale par le népotisme. Je soupçonne le manque de dévouement, de volonté  et de courage de la part des universitaires africains, en particulier ceux du Congo-Brazzaville, à nommer clairement les choses.

AAFC : Votre concitoyen a ajouté  que la parentocratie  « n’est que le prolongement de la dictature que nos universitaires ne veulent nommer comme telle ». Que dites-vous ?

G.L : Ecrire que le Congo est une dictature me paraît être un sentier battu. Parler d’une nouvelle chose plus accessible et moins vulgaire du point de sa fonction répétitive me parait apporter du progrès et de la densité scientifique et intellectuelle. En réalité, qui dit parentocratie dit aussi une forme voilée de dictature à la fois perfide et douce sous le faux prétexte de tous au droit à la citoyenneté, donc au même avantage. Dans les deux cas, ce qui est visé, c’est la volonté d’imposer au peuple une certaine idée afin de pérenniser un système. Il est libre de dénoncer les officines qui font de la diversion intellectuelle. Je ne crois pas qu’il en soit ainsi car le jeune doctorant en sciences politiques à Yaoundé n’est inscrit dans aucune chapelle. Et puis, ce soupçon nauséabond de délégitimer les uns  pour s’octroyer le rôle de clerc de la pensée me parait très politicien. Je n’ai aucune place dans ce débat.

La parentocratie retarde le progrès d’un pays dans toutes ses déclinaisons.

AAFC : La parentocratie  s’oppose à la méritocratie fondée sur le mérite individuel. Condamneriez-vous cette pratique malgré la compétence du parent promu? Serait-ce interdit de nommer son enfant, son mari, sa femme, son proche parent ou son ami, tous méritants ? 

G.L : Oui, je valide votre propos en soulignant que la parentocratie s’oppose à la méritocratie.  Je condamne bien entendu le népotisme. Un parent, citoyen compétent et promu, je ne vois quelle serait la qualité de l’argument à opposer.  Nommer son enfant, son mari, sa femme, son proche parent ou son ami compétent n’est peut-être pas interdit  en soi. Mais penser que dans un cabinet de huit personnes en qualité de conseillers, tous ceux qui peuvent être compétents n’existent que dans votre proximité familiale, d’alliance ou amicale me parait indécent.  Ce n’est pas le défi de la République solidaire et digne de fraternité. C’est  condamnable du point de vue du bon sens. Le système dit parentocratique est discutable, car une seule et unique famille ne peut, à elle seule, régenter tout un pays. Elle est toujours en alliance ou en relation avec d’autres.

AAFC : En quoi percevez-vous cette pratique au Congo comme « cause principale de la perdition nationale » ?

G.L : Elle est l’une des causes ou peut paraitre comme telle, mais elle n’est pas la seule. Pour commander, il faut savoir obéir (Benjamin Constant). Il faut se souvenir de «Surveiller et  Punir » comme écrit par le beau texte de Michel Foucault.  Concept très controversé, la parentocratie a toujours prévalu et existé, sauf  peut-être qu’elle n’avait pas atteint le degré d’une norme sociale au point de la nommer comme cause principale de la perdition nationale parce que moins arrogante hier, elle se dévoile et veut se substituer en norme sociale.  Il n’y a qu’à voir la floraison des associations des villages et communautés ethniques pour s’en convaincre. Jamais le Congo n’aura atteint un tel degré de repli communautaire. La parentocratie ne narguait peut-être pas autant, elle engendrait, à quelques exceptions, moins d’excès sur la conscience collective.

AAFC : Vous écrivez que cette pratique sociale de la classe politique avait été à la source des grands changements de systèmes politiques. Y voyez-vous cette fois encore les prémices d’un tournant politique au Congo?

G.L : Je le pense tout en relativisant. Je suis convaincu que 1963 était le rejet des privilèges accordés aux familles de la nomenklatura de l’époque. Il est possible d’imaginer que le rejet de cette « parentocratie » a été à l’origine des trois journées 13, 14, 15 août 1963 (causes endogènes ou internes) et la dissolution du Parti unique en 1991 (causes exogènes : perestroïka). Les prémices y sont nombreuses car les révolutions sont souvent secrétées par la pratique sociale de ceux qui représentent la pyramide sociale aux lieux les plus sensibles et visibles de leur société. Ils sont à la fois le miroir, le modèle et le contre-modèle selon les attentes sociales des uns et des autres.

La parentocratie n’est pas la négation  de la promotion d’un parent, mais plus, le pouvoir de nier la qualité d’un autre citoyen au profit de son parent, moins qualifié.

Voir les prémices : oui et non. La cause des bouleversements ou changements trouve le plus souvent son origine dans la pratique sociale de la classe dirigeante, la pratique se révélant comme seul critère de  vérité. La pratique de l’élite dirigeante induit la prise de conscience de ceux qui ne veulent plus perpétuer l’ordre existant. Un système ou un régime se détruit lui-même par son discours (parole) et sa main (pratique) qui dévoilent cette contradiction entre la parole et l’acte, le dire et le faire (John Langshaw Austin). Il se discrédite car ayant perdu son épaisseur, donc la confiance du collectif démocratique. Un système se perd, se suicide souvent volontairement en fermant les yeux et en bouchant les oreilles, au sommet de son art de domination par le mépris des autres. Le système croyant avoir atteint le point d’intersection entre l’ordre de Dieu et sa propre volonté s’installe dans des certitudes. C’est pourquoi on peut observer les abus de langage défiant toute retenue et le temps.

Toute parentocratie est le fait d’être sans mérite et sans concurrence.

Le système en responsabilité peut penser que la société a accepté le nouvel ordre idéologique imposé par la pratique nouvelle qu’il aura sécrétée, des nouvelles valeurs. Le système peut aussi croire ou être convaincu de ce que « plus les gens souffrent, plus ils seront obligés, pour leur survie de renoncer à la réflexion discursive et à l’action en vue du changement ». Ce n’est donc pas quelqu’un d’autre qui conteste un pouvoir, mais, c’est le pouvoir lui-même arrivé au seuil de sa puissance qui se conteste lui-même et crée les conditions de son effacement, une forme d’entropie phénomène de thermodynamique (augmentation du désordre et affaiblissement de l’ordre). Plus le temps passe, plus dure la base d’une pratique illusoire et plus les conditions de vie deviennent insupportables.

AAFC : La stratégie actuelle au Congo est au redressement de l’économie et à l’assainissement des finances publiques. Pourrait-t-on voir dans cette forme de parentocratie  un boulet qui ralentirait la course au développement, une déviance dans la pratique de la gestion de la chose publique au Congo?

G.L : Il est possible que ce phénomène soit un des fondements qui déstructurent notre système des finances publiques. Il n’y a pas de forme de parentocratie particulière. Toute parentocratie est le fait d’être sans mérite et sans concurrence. C’est un véritable boulet car dans la déviance de nos comportements et l’inversion des valeurs (L’Antéchrist de F. Nietzsche), nous sommes tenus à la prudence et à être sur la ligne morale des vertus mobilisatrices des énergies unificatrices. Il est évident que  la parentocratie retarde le progrès d’un pays dans toutes ses déclinaisons puisqu’il est question d’une pratique négative. Je condamne cette pratique d’autant plus qu’elle est un virus pour la vie et l’épanouissement de notre jeune  démocratie.

AAFC : Vous parlez d’accaparement du pouvoir et des richesses en faveur d’un clan. Que prévoient vos institutions face aux abus que vous décrivez ? Quelle prise de conscience par les intellectuels, la société civile et les conseils consultatifs institués la Constitution de votre pays ?

G.L : Je ne crois pas avoir parlé de l’accaparement des richesses par un clan. Je dis et répète que le système parentocratique vise l’accaparement des richesses par un clan, un groupe de familles. Un tel système ne peut gagner une guerre contre une puissance étrangère puisque le peuple ne se sentant plus intéressé ne se battra jamais pour le pouvoir. Historiquement, on peut vérifier à travers le monde la guerre de l’Indépendance des Usa et bien d’autres.

La parentocratie n’est pas la négation  de la promotion d’un parent, mais plus, le pouvoir de nier la qualité d’un autre citoyen au profit de son parent, moins qualifié. La parentocratie est par extension, le règne en République de l’élite parentale ou apparentée à occuper toutes (ou presque) les hauteurs dominantes et sensibles de l’État (Nation) en vue d’infantiliser le reste de la population, à l’habituer  à accepter toutes les occurrences qui se conjuguent en toute indigence et infériorité sociale. Elle est la forme achevée d’une promotion sans mérite dont le but est de défier le bon sens en méprisant la qualité venant d’ailleurs. Elle est décriée par le fait qu’elle est l’antithèse des valeurs justes, car elle célèbre l’injustice.

Sans doute, la parentocratie fait partie des causes qui poussent beaucoup de talents africains à fuguer vers l’Occident dans la quête d’un environnement propice au débat  franc et au traitement digne de ceux qui brillent par le savoir-faire et le faire-savoir.

La constitution de 2015 prévoit des articles pour condamner tout comportement déviant. Ce qui est salutaire dans un pays en quête de progrès. Mais l’impunité me pousse à soupçonner un manque de volonté dans la mise en œuvre des lois susceptibles de freiner l’émergence des pratiques négatives.

AAFC : Dans vos analyses vous mentionnez la diaspora congolaise qui s’illustre bien dans les différents pays d’accueil. Percevez-vous dans ce phénomène une cause de  fuite des cerveaux et des talents congolais vers d’autres pays ?

G.F : Je n’aime nullement utiliser ce terme diaspora car il contient une dimension émotionnelle à charge négative. Diaspora veut aussi dire dispersion … par qui, par quel phénomène ? L’esclavage, la Traite Negrière et la colonisation  sont à l’origine de cette dispersion des élites, des populations. Je ne peux logiquement penser que c’est la pratique de parentocratie qui déstructure tout au point d’imaginer que les élites se mettent  à  distance  pour éviter d’y faire face. La manifestation de la parentocratie va s’éteindre un jour, car les conditions de son émergence ne peuvent garantir une saine survie dans notre pays.

Un pays qui ne dispose pas assez d’intellectuels, ne peut s’inscrire sur la noble liste des pays en quête de progrès.

Sans doute, la parentocratie fait partie des causes qui poussent beaucoup de talents africains  à fuguer  vers l’Occident dans la quête d’un environnement propice au débat  franc et au traitement digne de ceux qui brillent par le savoir-faire et le faire-savoir. L’intellectuel aime évoluer dans un environnement sain où ses opinions s’expriment librement, où ses contributions scientifiques gagnent en crédit et ont des répondants au sein de la société. Or, je le souligne ardemment et malheureusement que le Congo -Brazzaville est un milieu pauvre en  débat au sens plénier du terme. Un cerveau bien fait doit se sentir considéré, être bien traité. Malheureusement, le Congo est réputé  pour ses pratiques négatives, notamment celles qui consistent à décevoir les cadres crédibles et établis.

La parentocratie n’est pas la négation  de la promotion d’un parent, mais plus, le pouvoir de nier la qualité d’un autre citoyen au profit de son parent, moins qualifié.

Devant cette triste réalité, les élites intellectuelles, et en particulier les jeunes, préfèrent quitter le pays dans l’espoir de trouver un mieux ailleurs. Ce phénomène devrait s’arrêter, car j’ai peur que le Congo connaisse un dépeuplement d’intellectuels. Un pays qui ne dispose pas assez d’intellectuels, ne peut s’inscrire sur la noble liste des pays en quête de progrès.

AAFC : Le sommet Afrique-France du 8 octobre 2021 à Montpellier avait adopté une nouvelle formule avec les jeunes élites africaines, sans chefs d’États. Par un texte intitulé « Macron et la Révolution suggérée en Afrique » vous aviez réagi  en ces termes: « Je demande à ceux qui peuvent, de réfléchir sur ce qu’a dit le président de la République française au sujet des dirigeants vieux, ayant passé beaucoup de temps, trop de temps au pouvoir. » Maintenez-vous vos propos aujourd’hui face à l’accaparement du pouvoir et des richesses dans votre pays que vous décriez ?

G.L : Je maintiens mes propos, car il est discourtois de parler des dirigeants vieux, ayant mis du temps au pouvoir. Sa dialectique aurait été bonne s’il s’était acharné aux résultats et non à l’âge et à la durée. La conscience du temps se mesure à travers les résultats. Pour ma part, la vieillesse n’est pas un défaut et la jeunesse n’est pas non plus une qualité. Et en ce que je sache, la diplomatie se fait au plus haut niveau entre Chefs d’États, a minima entre chefs de Gouvernement ou au niveau des ministres des affaires Etrangères et /ou de la Coopération. Cela dit, je maintiens  mon appel en suggérant de réfléchir sur ce qu’a dit le président de la République française au sujet des dirigeants vieux, ayant passé beaucoup de temps, trop de temps au pouvoir. Ces propos ne sont ou ne paraissent anodins que pour les naïfs ou les plaisantins, surtout lorsqu’on est en responsabilité en Afrique noire francophone, disons même en Afrique noire “française”. On peut tout de même se poser trois questions suivantes d’allure sophistique : quelle est sa légitimité pour réunir les jeunes africains sur le sol français, quelle est sa compétence pour parler du développement de l’Afrique et quelle est son autorité à parler spécifiquement devant la jeunesse africaine?

AAFC : Qu’auriez-vous proposé ?

G.L : Je sais que le président Français  prend beaucoup d’initiatives pour civiliser les rapports entre les pays d’Afrique et son pays. Il faut éviter de recycler la lecture des « Puissances des Ténèbres » de l’écrivain Russe Léon Tolstoï pour percevoir des lumières d’un lendemain magnifiquement enchanteur. Certes, les pays ne peuvent plus se développer en s’ignorant. Il faut une bonne dose de considération des uns et des autres. Toutefois, pour mettre fin à la parentocratie, considérée comme une des racines des maux chroniques qui freinent le décollage socio-économique et politique de nos jeunes démocraties, il est urgent que les dirigeants politiques africains brillent par l’exemplarité en cultivant dans leur agir des valeurs démocratiques, en faisant la promotion du mérite. Telle est la ligne pragmatique à suivre pour aider l’Afrique et le Congo en particulier, à relever les défis de développement et/ou de progrès qu’il s’est assigné.

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A propos CARMEN FEVILIYE 710 Articles
Juriste d’affaires Ohada / Journaliste-Communicant/ Secrétaire Générale de l'Union de la Presse Francophone - UPF section France