Journée mondiale de l’Afrique 2021: le continent a soif de renaissance culturelle !

Message de Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l'UA, à l'occasion de la Journée de l'Afrique | AfriqueRenouveau un.org
Message de Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’UA, à l’occasion de la Journée de l’Afrique | AfriqueRenouveau-un.org

« Arts, culture, et patrimoine comme leviers pour construire l’Afrique que nous voulons » est le thème de célébration de la journée mondiale de l’Afrique. A cette occasion, Moussa Faki Mahamat, président de la commission de l’Union africaine (UA)a fait une déclaration adressée aux africains et à sa diaspora dans le monde. Une déclaration qui lance l’entrée en vigueur de la charte de la Renaissance culturelle africaine adoptée depuis 2006 à Khartoum au Soudan.

Renforcer le rôle de la culture dans la promotion de la paix et de la bonne gouvernance est l’un des objectifs de cette Charte. A travers cet instrument, l’UA montre ainsi qu’elle reste consciente du rôle que les arts, l’audiovisuel, le cinéma ont une grande influence « dans le processus d’intégration africaine en tant que facteur de paix, de compréhension et de prévention des conflits ainsi que de croissance socio-économique ». La culture est donc un élément central dans la reconstruction africaine, du point de vue économique et humain. Ce qu’a relevé Moussa Faki Mahamat, dans sa déclaration, en ces mots forts : « En dépit de la domination culturelle qui, au cours de la traite des esclaves et de l’ère coloniale, a conduit à la dépersonnalisation d’une partie des peuples africains, a falsifié leur histoire, a systématiquement dénigré et combattu les valeurs africaines, et a tenté de remplacer progressivement et officiellement leurs langues par celle du colonisateur, les peuples africains ont pu trouver dans la culture africaine la force nécessaire à la résistance et à la libération du Continent. »

La culture étant centrale dans la réalisation des peuples et de l’économie, le président de la Commission a néanmoins fustigé l’absence de prise en compte du rôle de la culture dans la promotion et la formation des Nations, un manque qu’il souhaite corriger au cours de son mandat, en s’intéressant  « à la culture et à la pensée africaines », et en promettant de faire appel aux contributions des universitaires et sociologues en vue de « l’édification d’un consensus africain solide et réalisable », qui ne manqueront pas « d’abreuver la soif de renaissance culturelle de l’Afrique. »

 Longtemps anesthésié par les effets de la colonisation, l’Africain doit puiser au plus profond de son patrimoine culturel et artistique les clés de son épanouissement 

 Hormis la culture, la reconnaissance de l’histoire est un impératif dans la renaissance et la valorisation de l’identité  des peuples africains. Ce qu’a démontré Moussa Faki en ces termes : « l’Union africaine estime que l’unité de l’Afrique se fonde d’abord et avant tout sur son histoire. L’histoire de l’Afrique, qui fait partie de notre identité culturelle, est un impératif pour le développement du Continent. Elle est aussi un vecteur de formation de la personnalité africaine et d’affirmation des peuples africains dans le monde », avant de réclamer une égalité avec le reste du monde, car « L’Afrique ne peut s’imposer dans le multilatéralisme et les partenariats avec le reste du monde que par l’affirmation, sans complexe, ni ombrage de son être, de sa personnalité et de son identité sur une base de totale égalité avec les autres. »

Cinquante-huit ans après l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), l’UA prend le relais sur la base  de principes qui sont ceux de la renaissance africaine, du panafricanisme, de l’identité culturelle et des valeurs partagées définis dans l’Acte constitutif de l’UA, de l’Agenda 2063 de l’UA et d’autres instruments continentaux. « Ces principes et valeurs ont un rôle important à jouer dans la construction de l’Afrique que nous voulons. En effet, l’Union africaine a prescrit aux États africains de chercher dans leurs repères culturels et leurs valeurs ancestrales le soubassement de leur essor, tout en s’inscrivant dans l’évolution du monde», a affirmé, en fin d’allocution, le président de la Commission.

25 mai - Journée Internationale de l'Afrique: un nouveau projet lancé (communiqué) afrikmag.com
25 mai – Journée Internationale de l’Afrique: un nouveau projet lancé (communiqué) afrikmag.com

Rappelons que la journée mondiale de l’Afrique commémore l’anniversaire de la création de  l’Organisation de l’unité africaine (OUA) – actuelle Union africaine (UA) – le 25 mai 1963 à Addis Abeba, en Ethiopie.  L’OUA s’était fixé pour objectif l’indépendance politique et économique de l’Afrique et la réalisation de son unité. Chaque pays et institutions internationales organisent ainsi des événements favorisant le rapprochement entre les peuples africains. Cette journée représente le symbole du combat de tout le continent africain pour la libération, le développement et le progrès économique.

Carmen Féviliyé

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A propos CARMEN FEVILIYE 523 Articles
Juriste d’affaires Ohada / Journaliste-Communicant/ Secrétaire Générale de l'Union de la Presse Francophone - UPF section France