Journée mondiale de la liberté de la presse 3 mai 2021, « L’information comme bien public »

Cette année, le thème retenu pour célébrer la Journée mondiale de la liberté de la presse, « L’information comme bien public », souligne la valeur incontestable d’une information vérifiée et fiable. Il appelle l’attention sur le rôle essentiel que jouent les journalistes  libres  et  professionnels  dans  la  production  et  la  diffusion  de  ces  informations,   en   luttant   contre   les   fausses   informations   et   autres   contenus   préjudiciables.

Message de Mme Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO

Il y a aujourd’hui 30 ans, des journalistes, des rédacteurs en chef et des éditeurs de toute l’Afrique se rassemblaient pour rédiger un appel en faveur de la liberté de la presse :  la  Déclaration  de  Windhoek  sur le  développement  d’une  presse  africaine indépendante  et  pluraliste. Cette déclaration historique visait à faire  de  la  libre  circulation de l’information un bien commun – un objectif toujours d’actualité.

Depuis 1991, le paysage de l’information a connu des changements considérables, notamment avec l’arrivée d’Internet et des médias sociaux. Des possibilités inouïes s’offrent à présent à nous pour nous exprimer, nous tenir informés et communiquer avec les autres. Mais nous devons également faire face à la montée de la  désinformation   et   des   discours   de   haine,   au bouleversement   des   modèles   économiques des médias et à la concentration du pouvoir entre les mains d’un petit nombre de sociétés privées.

La pandémie a mis en évidence la nécessité de disposer d’informations fiables. C’est grâce au journalisme indépendant que nous avons pu mieux comprendre cette crise. Les journalistes se sont rendus sur le terrain,  souvent  à  leurs  risques  et  périls. Beaucoup d’entre eux ont été menacés, arrêtés, harcelés – en particulier les femmes. Soixante-deux journalistes ont été tués pour leur travail en 2020, et bien d’autres ont perdu  la  vie  à  cause  de  la  COVID-19.  Nous  leur  en sommes  immensément  redevables.

La pandémie a également aggravé des problèmes existants, de nombreux médias faisant désormais face à des pertes financières.  Le  pouvoir  des  plates-formes Internet s’est encore renforcé, à la faveur des confinements qui nous ont contraints à effectuer en ligne une grande partie de nos activités quotidiennes. Et les fausses informations et les rumeurs ont fleuri, avec parfois de terribles conséquences.

Cette année, le thème retenu pour célébrer la Journée mondiale de la liberté de la presse, « L’information comme bien public », souligne la valeur incontestable d’une information vérifiée et fiable. Il appelle l’attention sur le rôle essentiel que jouent les journalistes libres et professionnels dans la production et la diffusion de ces informations, en luttant contre les fausses informations et autres contenus préjudiciables.

Ce  thème  concorde  avec  les  efforts  menés  par  l’UNESCO  pour  garantir  la  bonne  santé à long terme d’un journalisme indépendant, pluraliste, ainsi que la sécurité des professionnels des médias partout dans le monde, notamment dans le cadre du Plan d’action  des  Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de  l’impunité.

Dans  le  cadre  de  ces  efforts,  nous  nous  employons  à  instaurer  une  plus  grande  transparence sur les plates-formes en ligne dans des domaines tels que la modération des contenus, tout en respectant les droits de l’homme et les règles internationales en matière  de  liberté  d’expression. Nous  dotons  les  citoyens,  au  titre de  l’éducation  aux  médias et à l’information, des compétences dont ils ont besoin pour évoluer dans ce nouveau paysage de l’information, et leur permettre d’éviter les tromperies  et  les  manipulations en ligne.

Aujourd’hui,  nous  nous  employons  également  à  faire  en  sorte  que  l’évolution  de  ce  paysage  soit  prise  en  compte  dans  les  principes  inscrits  dans  la  Déclaration  de  Windhoek, à l’heure où nous célébrons le 30e anniversaire de ce texte fondamental lors de la Conférence mondiale sur la liberté de la presse, qui doit se tenir à Windhoek, en Namibie, les 2 et 3 mai.

À  l’occasion  de  la  Journée  mondiale  de  la  liberté  de  la  presse,  j’appelle  chacun  et chacune à renouveler son engagement en faveur du droit fondamental à la liberté d’expression, à défendre les professionnels  des  médias  et  à  se  joindre  à  nous  pour  garantir que l’information reste un bien public.

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A propos CARMEN FEVILIYE 523 Articles
Juriste d’affaires Ohada / Journaliste-Communicant/ Secrétaire Générale de l'Union de la Presse Francophone - UPF section France