COVID-19 : Le Mali pointe du doigt l’AFP et la presse internationale

Un chercheur malien tient un échantillon à tester dans le laboratoire de l’hôpital « Point-G » de Bamako, le 19 mars 2020. (MICHELE CATTANI / AFP)

Les autorités locales apportent un démenti à l’AFP relatif au nombre de respirateurs disponibles dans le pays et invite la presse internationale à vérifier toute information auprès des services sanitaires compétents au Mali.

C’est par un communiqué de presse du ministère de la Communication  à Bamako que les autorités maliennes réagissent contre  une dépêche du 20 mars de l’AFP affirmant que dans le cadre de la prévention contre le Coronavirus, le Mali ne disposait que d’un seul respirateur et d’une vingtaine de lits seulement pour l’ensemble du pays. Une information reprise par Cnews et Franceinfo.« Ces informations sont erronées et sans fondement », a riposté  le gouvernement malien, exhortant ainsi  l’agence de presse française  et  » l’ensemble de la presse internationale et nationale à vérifier toute information relative (…)  à la riposte nationale contre le COVID-19 auprès des services sanitaires compétents du ministère de la Santé et des Affaires Sociales du Mali. »

Le gouvernement malien informe, par ce communiqué, que dans le cadre de son plan d’actions contre la pandémie, le pays « dispose à la date du 24 mars 2020, de quatre centres de dépistage que sont la Faculté de Médecine, le Centre Charles Mérieux, l’Institut National de Santé Publique, le Laboratoire de Biologie Moléculaire Appliquée ;  et de trois centres de prise en charge du COVID-19, tous  opérationnels, avec un total  de 37 lits répartis entre le CHU du « Point- G » (7 lits), l’hôpital dermatologique (10 lits) et l’hôpital du Mali (20 lits). »

Selon cette annonce, qui décrit la capacité d’accueil du Mali dans la riposte contre Covid-19, l’hôpital du « Point-G « et l’hôpital du Mali, ont chacun une capacité d’extension jusqu’à 100 lits en dehors de leur capacité d’hospitalisation régulière. Les respirateurs disponibles actuellement à Bamako se répartissent entre 41 en structures publiques et 15 en structures privées. En plus de ces 56 respirateurs disponibles et opérationnels, le ministère de la Santé et des Affaires Sociales attend soixante  respirateurs supplémentaires en cours d’acquisition. Les autorités précisent par ailleurs que  » tous les hôpitaux de troisième référence du pays disposent de salles de réanimation comprenant au moins un respirateur. »

Hormis l’Afrique du sud qui reste la zone africaine la plus touchée avec 402 contaminations, le Mali n’enregistre pour l’instant aucun porteur de COVID-19, comme d’ailleurs 11 pays d’Afrique (Libye, Soudan du sud, Erythrée, Guinée-Bissau, Sierra-Leone, Zambie, Burundi, Mozambique, Botswana, Lesotho, Zimbabwe) où, par contre, la peur du premier cas plane. Parmi les mesures prises pour éviter la propagation de la pandémie: les fermetures des écoles, bars, et l’interdiction de regroupement de plus de 50 personnes. Mais également la fermeture et le contrôle des frontières. Pour les autorités maliennes, certains points de passage restent néanmoins perméables.

Déterminé à renforcer les moyens de prévention contre le coronavirus, le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta s’est entouré de la Chine et de l’Inde qui lui promettent un accompagnement « pour combattre ensemble cette épidémie pour le bien-être du Mali et de l’Afrique. »

Carmen FEVILIYE

 

 

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A propos CARMEN FEVILIYE 347 Articles
Juriste d’affaires Ohada / Journaliste-Communicant/ Secrétaire Générale de l'Union de la Presse Francophone - UPF section France