Science / Katherine Johnson : qu’est-ce que l’histoire retiendra ?

Une photo de la mathématicienne prise en 2008- images.midilibre.fr

La figure la plus ancienne de la NASA s’est éteinte le 24 février 2020, à l’âge de 101 ans à Newport News aux Etats-Unis. Sa carrière a marqué les esprits de plusieurs personnes aux Etats-Unis.

Un parcours semé d’embûches ! Arrivée au monde en 1918, Katherine Johnson est dotée d’un talent extraordinaire en mathématiques. Elle entre au lycée à l’âge de 13 ans et reçoit toute l’aide de ses parents pour l’accompagner dans cette aventure scolaire.

Diplômée de l’Université  West Virginia, l’afro-américaine ne peut devenir que professeur d’école publique. Etant une femme de couleur dans un pays où la ségrégation raciale  bat son plein, Katherine Colemane de son vrai nom, n’a qu’une seule opportunité, celle de devenir enseignante.

Ayant une licence en mathématiques, la jeune femme intègre le programme spatial américain devenu plus tard la NASA en 1953. Elle a pour mission principale de contrôler le travail de ses supérieurs à l’aide de calculs. Elle contribue alors  aux calculs du vol d’Alan Shepard, le premier américain à aller dans l’espace.

Tout au long de sa carrière Katherine Johnson a développé des équations importantes qui ont permis aux Etats-Unis d’envoyer plusieurs astronautes sur la Lune. Elle a aussi été à l’origine des calculs de la mission historique d’Appolo-11 qui a fait de Neil Armstrong le premier homme à marcher sur la Lune en 1969.

« C’était une héroïne »

Le numéro 1 de la Nasa James Bridenstine a rendu un vibrant hommage à Kathérine Johnson dans un discours très émouvant:   « C’était une héroïne de l’Amérique, une pionnière dont l’héritage ne sera jamais oublié ». Cette femme a permis « d’éliminer les barrières raciales et liées au sexe », a de son côté salué la NAACP, la plus grande organisation de défense des Noirs aux Etats-Unis.

Le succès de la mathématicienne chez les Noirs a inspiré plus d’un,  notamment, le film Les Figures de l’Ombre (2016). Un film qui retrace de façon anachronique  son aventure. La scientifique était une « femme de l’ombre » jusqu’en 2015, date à laquelle elle s’est vue décernée la médaille présidentielle de la Liberté par le président Barack Obama. C’est l’une (la médaille) des plus hautes distinctions civiles des Etats-Unis.

Katherine Johnson a pris sa retraite en 1986. Elle a rédigé 26 rapports de recherche au cours de sa brillante carrière. Depuis 2017,  un bâtiment de la NASA porte le nom de cette femme extraordinaire restée trop longtemps dans l’ombre.

Pierre ADEMBIA

 

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A propos CARMEN FEVILIYE 347 Articles
Juriste d’affaires Ohada / Journaliste-Communicant/ Secrétaire Générale de l'Union de la Presse Francophone - UPF section France