Réformes au Congo : un dialogue de sourds

Les acteurs du secteur privé en réunion Chambre du commerce, d’industrie, d’agriculture et des métiers -Pointe-Noire

Malgré la volonté des pouvoirs publics de créer un environnement propice à l’investissement privé,  l’absence de concertation entre l’Etat congolais et le secteur privé, dans la prise en compte de certaines réformes, entrave l’activité et la viabilité des entreprises.

Les changements que les investisseurs au Congo indexent sont celles relatives à la loi de finances 2019, au projet de code forestier, à l’augmentation des frais par le Guichet unique des opérations transfrontalières (GUOT) et aux droits de péage routier jugés « exorbitants, en comparaison à ceux des autres pays africains. » Selon le patronat congolais, « (…) le cadre du dialogue public-privé récemment institué ne privilégie que les critères du classement Doing Business, ignorant les préoccupations  du secteur privé liées au contexte congolais :  la multiplicité et la superposition des contrôles légaux et illégaux ;  l’insécurité juridique et institutionnelle (confusion des missions entre administrations publiques) ; l’absence des textes d’application de nombreuses lois en vigueur et l’enchevêtrement des textes parfois contradictoires ; la parafiscalité illégale ;  la confusion entre les lois et textes réglementaires émanant de diverses administrations ; l’utilisation des notes circulaires, des notes de service, des décrets et arrêtés en lieu et place des lois ; la non-mise en conformité de certaines lois nationales aux dispositions du droit de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA) .» Aussi, face « aux dérives de certaines administrations publiques qui harcèlent les entreprises », le patronat  a interpellé les pouvoirs publics, qui restent silencieux.

Ce manque de dialogue constitue un véritable frein aux investissements. Le climat des affaires s’en trouve par conséquent dégradé alors que le contexte économique et social est déjà entaché par une réduction de l’activité, du fait des fermetures d’entreprises. Pourtant la récession économique qu’a subit le Congo devrait favoriser le dialogue et la recherche de solutions en vue de surmonter la crise.

Une inquiétude que les investisseurs privés au Congo expriment par le besoin urgent de dialogue avec les pouvoirs publics maintenant que le pays bénéficie du FMI d’un programme d’aide pour aider à rétablir sa situation économique et réaliser une croissance plus élevée.

Carmen FEVILIYE

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A propos CARMEN FEVILIYE 467 Articles
Juriste d’affaires Ohada / Journaliste-Communicant/ Secrétaire Générale de l'Union de la Presse Francophone - UPF section France